SOMMAIRE
L’épisode 6 du podcast SURADAPTATION nous emmène à la rencontre de Damien, 47 ans, secrétaire général d’une Alliance Française au Brésil. À travers son récit, il nous livre une perspective précieuse sur la suradaptation au masculin, l’impact du déracinement géographique sur nos automatismes et la puissance de l’outil IFS pour retrouver un équilibre intérieur.
À retenir : Points clés de l’épisode
- Définition personnelle : la suradaptation, c’est dire « oui » avec le sourire tout en censurant sa voix intérieure.
- Le corps comme boussole : les tensions physiques et les blessures (sportives ou autres) sont des signaux d’alerte majeurs de nos limites dépassées.
- L’outil IFS (Internal Family Systems) : une approche qui permet d’identifier les différentes « parts » de soi pour mieux comprendre sa mécanique interne.
- La force du collectif : l’expérience de groupe au sein de l’atelier DRAMA™ brise l’isolement et offre un miroir libérateur pour chaque participant.
- L’action préventive : un petit « non » aujourd’hui vaut mieux qu’un effondrement dans six mois.
Émilie, participante à l’atelier DRAMA™
Alors aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous faire écouter le témoignage d’Émilie et vous allez l’entendre, je trouve que c’est une parole qui est d’une grande richesse. C’est une richesse humaine d’abord et avant tout. Émilie est une femme aux multiples facettes, aux multiples casquettes, j’allais dire aussi. Pour chacune de ses activités, on pourrait faire, je pense, un épisode de podcast.
Et une, comme ça, au hasard, et surtout celle que j’ai envie de retenir, c’est notamment son engagement auprès des femmes, et plus spécifiquement des jeunes mamans. Émilie donne régulièrement des conférences sur le thème du postpartum, entre autres. Elle est aussi une jeune femme à l’esprit fin et vif. Émilie est ce qu’on appelle une personne neuroatypique, c’est un terme que vous avez sûrement déjà entendu. Les HPI, HPE, TDAH…
Et avec Émilie, on a le tiercé gagnant, les trois. Et si vous suivez ce podcast sur adaptation, vous avez commencé à comprendre que quelqu’un qui veut toujours bien faire, qui déborde d’empathie, qui s’investit à 300% dans tout ce qu’elle fait, eh bien ça donne inévitablement quelqu’un qui a bien connu la suradaptation dans sa vie. Et c’est d’ailleurs dans ces conditions-là qu’on s’était rencontrés, d’abord au cours d’un accompagnement et puis dans l’atelier drama.
Alors voilà, c’est de ça qu’on a parlé, bien évidemment, dans cette interview que je vais vous donner à écouter, de sa définition de la suradaptation, de ce que ça coûte au quotidien, et de tout ce qu’elle a déconstruit dans l’atelier de groupe en ligne, justement, DRAMA™.
Allez, je vous laisse en compagnie d’Émilie. Elle pourrait animer sa propre émission avec un grain de voix pareil. Je vous laisse en juger par vous-même.
Suradaptation : la définition d’Émilie
Émilie
Bonjour Marnie, je m’appelle Émilie, j’ai 44 ans, je suis chef d’entreprise et coach également, et maman. Moi à la base je viens plutôt du milieu du théâtre et de la musique, que je continue de faire exister aujourd’hui d’une autre façon. J’écris beaucoup, et comme tout humain sur cette planète, j’essaye de cheminer du mieux que je peux.
Marnie
Alors, si tu devais expliquer la suradaptation à quelqu’un en une phrase, maintenant que tu as vécu l’expérience drama, tu dirais quoi ?
Émilie
La suradaptation pour moi, c’est d’essayer de coller aux comportements, images, attitudes qu’on imagine que les autres attendent de nous, dans la crainte d’être trop, pas assez, décalé, pas comme il faut.
Le faux-self : la stratégie d’adaptation des neuroatypiques
Marnie
« D’être trop, pas assez, décalé, comme il faut »… Écoute, on va dire tout de suite à ceux qui nous écoutent : déjà, moi, ça a été un bonheur de t’accompagner, de te voir dans cet atelier DRAMA™. Et ce qui m’intéressait, notamment aujourd’hui, en plus dans cet échange qu’on a, c’est de faire le parallèle entre la neuroatypie et la suradaptation. Alors neuroatypie, pour ceux qui nous écoutent, HPI, hypersensible, TDAH, les neurologues, les psychologues en parleraient mieux que nous, mais comment toi tu as appris à trouver ta place maintenant en essayant de ne pas te suradapter justement ?
Une neuroatypique qui s’est ignorée pendant des années
Émilie
Je dois dire que l’expérience DRAMA™ y est pour beaucoup. D’autant que moi, je suis une neuroatypique combinée qui s’est ignorée pendant des années, comme beaucoup de femmes d’ailleurs, parce qu’on sait que les neuroatypies sont très mal diagnostiquées chez les petites filles et chez les femmes. Les femmes qui ont déjà des injonctions de suradaptation, pour commencer.
Marnie
C’est un vrai sujet. Et quand tu dis combinée, tu peux réciter lesquelles ?
Qui dit suradaptation dit porter un masque.
Émilie
Alors moi je suis TDAH, hypersensible, effectivement TDAH assez atypique avec un vrai HPE, HPI, donc c’est un peu, c’est coloré, on va dire.
Marnie
J’adore, ça te va bien coloré, excellent, c’est tout à fait ça, mais c’est beau. Rappelons que si ce monde était toujours coloré, nous serions merveilleusement heureux.
Émilie
Oui, oui, alors aujourd’hui j’arrive à y mettre un terme, on va dire, plus neutre. Et l’atelier DRAMA™ est intervenu dans un moment de ma vie où les questions de suradaptation étaient devenues centrales. Les questions du masque, du faux self, parce que qui dit suradaptation dit porter un masque, des masques. Avec la recherche de qui je suis moi derrière tout ça. Pourquoi est-ce que je suis toujours dans des situations de suradaptation, à vouloir être une personne plaisante ? Ça indique aussi qu’il y a des notions de peur du rejet ? Elles sont assez inhérentes au TDAH et à certaines neuroatypies, de toute façon. Et il y a aussi tout ce qui est suradaptation par rapport à nos propres blessures. Ça on le verra peut-être probablement dans ce qu’on a pu découvrir dans l’atelier DRAMA™. Voilà, c’est teinté de tout ça, une quête de soi. Et de se dire ok alors maintenant j’arrête de dire que je suis bizarre et mal adaptée et peut-être que je vais utiliser le terme coloré par exemple.
Pour approfondir
L'article de référence sur la suradaptation
Le protocole DRAMA™ pour comprendre le rôle des blessures dans la suradaptation
Marnie
Il y a deux choses dans ce que tu viens de dire que j’ai retenues. La première, tu viens de parler des blessures. Est-ce que ça veut dire que dans la partie de l’atelier où on évoque spécifiquement les blessures, parce que c’est ça, c’est à chaque semaine un outil différent, il y a des choses qui ont résonné en toi ?
Émilie
Ah oui, énormément. Alors, je crois que tout l’atelier DRAMA™ a été une résonance en soi. Comme une sorte de descente, marche par marche, vers un endroit de soi, de l’autre. Et tout cela en miroir. Alors évidemment, les blessures, ça a été quelque chose de très marquant et je le joindrais même aux parts finalement puisque je trouve qu’il y a vraiment un lien, une correspondance entre ces deux aspects de l’atelier DRAMA et les blessures, ça a été des prises de conscience assez fortes. Je les connaissais mais en fait je ne mesurais pas leur impact, leur profondeur, comment elles conditionnaient énormément de choses aussi dans mes comportements.
Le poids des injonctions genrées
Marnie
Oui. Et alors, tu as parlé blessure, tu as parlé des parts, mais c’est vrai que le DRAMA™ c’est aussi les injonctions et c’est la deuxième chose que j’ai notée dans ce que tu as dit. Notamment, tu parlais de la petite fille et nous, les femmes, les injonctions, il y en a plein, mais que dire des injonctions genrées. Comment une femme apprend à s’adapter à ce monde avec tout ce qu’on attend de nous et notamment dans des relations amoureuses. T’as envie d’en parler ? Parce que je crois que c’est un sujet, toi, qui te tient à cœur.
On nous éduque à cette adaptation.
Émilie
Ah pour moi c’est un vrai sujet, je suis arrivée dans l’atelier DRAMA dans des circonstances amoureuses compliquées. C’est vrai que ça m’a amené un vrai questionnement varié parce qu’au-delà de ma propre expérience singulière et personnelle, de mes neuroatypies, de mes blessures personnelles, de mon parcours, ça, on est tous à bricoler quelque chose avec nos singularités. Il reste vrai qu’en tant que femme, on se rend compte que, d’un point de vue sociétal déjà, on nous éduque à cette adaptation. Ça, j’en ai parlé tout à l’heure. On nous éduque aussi à être plaisante et à coller à une image attendue de ce que devrait être une femme dans sa féminité, son comportement, ses attentes, sa façon d’aimer, sa façon aussi de se mettre en retrait. Et dans la relation amoureuse, c’est vrai que ça se corse encore plus parce qu’on vient incarner quelque chose qui, souvent, n’est pas tellement proche de ce que nous sommes profondément. Ça vient questionner ces relations hommes-femmes. Qui on devient dans la relation amoureuse ? Qu’est-ce que ça vient chercher aussi chez nous, dans nos histoires personnelles, mais sociétales également ?
La méthode DRAMA™
Une expérience unique pour trouver son vrai self
Si tu te reconnais dans la suradaptation (tenir l’image, t’oublier, culpabiliser, te sentir “à côté” de ta vie), l’atelier en ligne DRAMA™ est fait pour toi ! J'ai construit sur protocole structuré issu de plus de 40 courants thérapeutiques que j'ai découverts durant des années de recherche et de formations : psy, philo, socio, neuro… et même théâtre avec une forme de dramathérapie ! (obligé, j'ai été comédienne pro pendant 15 ans !)
Suradaptation → origines → déconstruction → dé[DRAMA]tisation → vrai SELF
6 semaines de rire, d'émotions, de créativité et d'amitié !
Déconstruire la suradaptation en groupe
Marnie
Est-ce que tu veux peut-être rebondir tout de suite sur l’aventure de groupe ? C’est peut-être le moment d’en parler ?
C’est dans l’amour de l’autre qu’on trouve l’amour de soi.
Émilie
Ah oui, bien sûr, parce que ça fait partie des choses qui ont peut-être encore rendu plus fort le chemin. Dans la mesure où le groupe que nous avions était tellement magique et magnifique. Vraiment, j’ai été touchée à titre individuel par chacune des personnes. Et en fait, pour bien comprendre la chose, on est allé dans l’intime, on est allé dans les blessures. Il s’est passé un phénomène assez fort, c’est cette circulation d’énergie, ces phénomènes miroirs les uns avec les autres. Je pense qu’on avait déjà dû en parler, mais c’est vrai qu’on est dans une société qui s’individualise. Et en même temps, qui nous montre aussi une théâtralisation d’une vie parfaite. On est aussi dans l’avènement du développement personnel, dans la quête de la meilleure version de soi-même. Et quand on partage une aventure de groupe sincère et profonde, non seulement on voit bien qu’on n’est pas en train d’essayer d’incarner les meilleures versions de soi-même, et qu’en fait, ça n’a jamais été l’objectif. Qu’en allant chercher à mettre de la bienveillance dans nos blessures, nos parts, de regarder ce qu’on a fait, de se prendre par la main, d’aller parler à notre enfant intérieur, la notion de s’aimer soi ne devient plus une version éthérée ou lancée un petit peu comme ça, comme un concept philosophique. On se rend compte qu’on va véritablement mettre de l’amour dans nos blessures, mais en voyant dans le groupe cette dynamique de recherche, de dépouillement, d’authenticité. En fait, j’ai vraiment fait l’expérience que c’est dans l’amour de l’autre qu’on trouve l’amour de soi.
La suradaptation dans les domaines de vie
Marnie
Alors, top chrono, tu cites un maximum de situations perso, pro, amoureuses, tout ce que tu veux, de suradaptation.
Émilie
Oh bah écoute, il n’y a que ça.
Marnie
Eh oui, allez, allez.
Émilie
Oh bah écoute, il n’y a que ça. Eh oui, allez, allez. Alors, pro, nombre de fois, en tant que chef d’entreprise, où j’ai eu peur d’être pas assez aimable, d’être juste, et où j’ai pas forcément adopté la bonne posture parce que j’ai voulu tellement arrondir les angles. Et là, je me suis rendu compte que j’essayais simplement d’être acceptable. Un nombre de fois où je n’ai pas exprimé un besoin, une limite dans les situations amoureuses. Alors là, chez moi, c’est le palmarès. Là, dernièrement, je me suis retrouvée vraiment dans des situations avec l’homme que j’aime où je n’ai pas été en mesure de m’exprimer parce que j’étais vraiment, j’avais poussé la suradaptation très, très, très, très loin. Et ce qui est terrible, c’est quand on se voit faire, en fait. On se rend compte que ça rend les choses encore pires. Et on se voit faire et on se met à méta-penser en même temps, parce que moi, j’ai vraiment ce truc où je me vois faire en même temps. Donc c’est assez terrible. Des situations amicales, heureusement, pour le coup, très peu. Mais dans le pro, oui, oui, plein de fois où je me sens très coincée, très dans une version de moi-même. Je dis souvent que c’est ma version ascenseur. Vraiment, on a l’impression que je choisis tous mes mots, je ne suis plus du tout naturelle. C’est cette espèce de regard ou de caméra intérieure qu’on met sur soi-même tout le temps, qui fait qu’on est tout le temps en train de se dire : « je ne peux pas dire ça, je ne peux pas faire ça, si je dis ça, on va penser que… » C’est ce qui fait que, d’un coup, tu trimballes un masque figé de toi qui ne donne pas à voir qui tu es vraiment. J’ai plein d’exemples pour ça, mais je pourrais dire qu’il y en a tellement qu’à la fin, ça devient une mare de suradaptation. Dans le perso et le pro, c’est vraiment les endroits où ça s’est le plus manifesté. Pas dans le secteur, pas dans l’amitié. Et finalement, peu dans la famille proche.
Marnie
Ok. Il me reste une dernière question que j’aime bien poser. Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour l’avenir ?
Émilie
Écoute, de garder en moi tous les éléments précieux pour lesquels j’ai pu ouvrir les yeux pendant l’atelier DRAMA™, parce que ça a vraiment marqué un tournant pour moi. C’est exactement ce que je cherchais. J’avais une vraie problématique de masque, de faux self, de suradaptation, de blessures non digérées, non réglées. Non aimées. Ce qui a changé pour moi et ce qu’on peut me souhaiter pour l’avenir, c’est de porter cette estime de moi, cet amour de moi. L’amour pour les autres, je l’ai infiniment. J’étais la grande perdante du truc. Aujourd’hui, ce qu’on peut me souhaiter pour l’avenir, c’est que je continue ce chemin en dépouillant toujours un peu plus les pelures d’oignon pour aller vers ce que je suis vraiment, sans jamais m’en excuser. Ça serait bien déjà.
Marnie
C’est le but d’une vie, en fait. Écoute, je te le souhaite. Je rebondis sur ce mot, l’amour, que tu as re-cité. Après cette belle citation, je vais m’empresser de réécouter pour noter ta citation tellement elle est belle. Et l’amour, un conseil lecture à tous ceux qui nous écoutent : Bell Hooks, H-O-O-K-S. Je n’ai plus le titre exact du livre, mais il y a « amour » dedans. Cette femme nous a montré que l’amour est ce qui sauvera toujours ce monde. Et je pense que ça te parle.
Émilie
Oui, je crois que c’est exactement ça. Je te remercie Marnie, merci beaucoup.
Marnie
Merci, à bientôt Émilie. Au revoir.
Émilie
À bientôt.
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