SOMMAIRE

Saison 2épisode 1

Transcription intégrale en bas de cet article

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l'essentielà retenir

Définition clinique

L’état de suradaptation se caractérise par une habitude excessive à se conformer (souvent acquise dès l’enfance), pour être et rester aimé·e, utile, à la hauteur des attentes familiales ou sociétales. La suradaptation implique un déni de ses besoins qui mène à l’épuisement psychique plus ou moins conscient, et au burn-out identitaire.

3 marqueurs typiques

  • Hyper-vigilance sociale : ajuster son comportement et/ou ses propos pour éviter les tensions, le rejet ou le conflit.
  • Limites floues : culpabilité, angoisses ou peur de demander à l’autre le respect de vos besoins.
  • Dualité identitaire : le déni, « c’est pas si grave » auquel s’oppose un sentiment intérieur d’injustice.

Rééducation

Remplacer : qu’est-ce qu’on attend de moi ? Par qu’est-ce qui est juste pour moi, là, maintenant ?

Repère DRAMA

Suradaptation → origines → déconstruction → dé[DRAMA]tisation → alignement.

Suradaptation : qu’est-ce que c’est ? (définition + repères cliniques)

Réponse courte

La suradaptation désigne un ajustement excessif et répété aux attentes de l’environnement, au prix de ses besoins, de ses limites et possiblement de ses valeurs. Elle se repère par trois critères simples : chronicité (dure dans le temps), automatisme (se déclenche sans réflexion) et coût interne (fatigue, anxiété, sentiment de vide, tensions, etc.).

La suradaptation est un mal sourd souvent découvert quand il est devenu aigu : le burn-out identitaire.

En pratique : un mal hyper-répandu

La suradaptation est de très loin la toute première cause d’accompagnement que je rencontre, même si les personnes ne le formulent pas en tant que tel, car elles n’en sont pas pleinement conscientes.

Le mécanisme est sourd et rend les sur-efforts que vous faites le plus souvent inconscients, car vous vous êtes comme anesthésié·e et déconnecté·e de votre propre bien-être.

Au fil de mes années d’accompagnement, j’ai constaté que la suradaptation se traduit par :

  • un besoin de “faire bien”
  • paraître « adapté·e » à un groupe social, la mode, une certaine apparence, etc.
  • la priorité donnée aux attentes des autres lorsqu’ils ou elles représentent une figure d’admiration ou d’autorité.
  • une gêne à dire non, à poser des limites saines.

Je constate un mécanisme commun aux personnes suradaptées : chercher paradoxalement la sécurité affective en s’effaçant.

Suradaptation vs adaptation : comment faire la différence ?

Réponse courte

L’adaptation résulte d’un choix : celui de s’ajuster à un contexte, sans se renier pour autant. La suradaptation relève du déni de soi : se conformer est un impératif au détriment d’un choix avisé.

En pratique : s’autoriser à remettre en question le cadre

L’adaptation est souhaitable, elle nous fait nous sentir inclus·e, reconnu·e ou même aimé·e par un groupe social, familial, ou une personne qui nous est chère. Elle est aussi très utile parce qu’elle nous pousse à comprendre et respecter un cadre, à développer notre capacité de communication interpersonnelle, à nous sentir à la fois investi·e et à notre place.

Mais l’adaptation peut être discutable, si le cadre imposé n’a pas de sens commun, par exemple.

Souvenez-vous de cette petite phrase que nos parents nous répétaient lorsqu’on avait fait une « bêtise », incités par d’autres : « si on te dit de te jeter d’un pont tu le fais ??!« 

Autrement dit, on a le droit de demander à mieux comprendre les enjeux d’une situation avant de s’y adapter. On a même le droit de refuser !

Notez cependant que dans l’exemple que j’ai choisi, ce sont souvent les mêmes parents, donneurs de leçons, qui nous intimaient des ordres qui n’avaient eux-mêmes aucun sens — oui, la suradaptation s’enseigne de mère en fille (sois mignonne, ne fais pas de vague…) et de père en fils (défends-toi, sois à la hauteur…).

si on te dit de sauter d'un point...

D’un point de vue clinique, la différence entre adaptation et suradaptation se repère avec des critères assez précis :

  • La fréquence : l’ajustement se répète sur le long cours, possiblement dans différentes sphères ou uniquement certaines (pro, amoureuse, familiale, sociale).

  • L’automatisme : se conformer est quasi un réflexe, avant d’identifier ce qu’on pense ou ressent.

  • Le coût : fatigue, possibles tensions corporelles ou troubles du sommeil, irritabilité, anxiété, impression de vide, perte de plaisir, ruminations, sentiment d’imposture. Je constate également de fréquents sabotages aussi (personnels ou relationnels).

  • La dissonance cognitive : c’est-à-dire l’écart entre ce que vous pensez et ce qui est réellement. À noter que j’entends aussi des dissonances entre ce que vous voulez montrer de vous, et ce qui est réellement, créant ainsi un fort sentiment de dévalorisation de soi. Exemple : les filtres sur les photos.

Éclairage : la suradaptation se confond parfois avec la gentillesse, l’empathie ou le sens du devoir. Mais le repère clinique est fiable : perte de liberté intérieure + coût interne.

Test en situation
En cas de doute, je fais un check rapide :

  • Je peux arrêter ou poser mes limites sans malaise → adaptation ✅

  • Arrêter déclenche culpabilité, peur ou angoisse → suradaptation ❌

La méthode DRAMA™

Une expérience unique pour trouver son vrai self

Si tu te reconnais dans la suradaptation (tenir l’image, t’oublier, culpabiliser, te sentir “à côté” de ta vie), l’atelier en ligne DRAMA™ est fait pour toi ! J'ai construit sur protocole structuré issu de plus de 40 courants thérapeutiques que j'ai découverts durant des années de recherche et de formations : psy, philo, socio, neuro… et même théâtre avec une forme de dramathérapie ! (obligé, j'ai été comédienne pro pendant 15 ans !)

Suradaptation → origines → déconstruction → dé[DRAMA]tisation → vrai SELF

6 semaines de rire, d'émotions, de créativité et d'amitié !

Suradaptation psychologie : pourquoi ce mécanisme se met en place (cause)

Réponse courte

La suradaptation se met en place quand la sécurité émotionnelle a été fragilisée par les blessures de l’ego et, en parallèle, par le degré d’exposition aux injonctions — être sage, utile, discret·e, performant·e ou agréable. Le mécanisme a d’abord une fonction protectrice : se conformer aux attentes des autres crée l’illusion d’être une personne digne d’amour.

On ne se suradapte pas par faiblesse, mais par fidélité à des injonctions apprises très tôt.

En pratique : l’influence majeure de l’environnement 

La suradaptation est une réponse fonctionnelle dans un contexte contraint. J’ai pu constater que c’est un comportement qui s’est installé très tôt dans la vie de la personne, fréquemment dans des environnements où l’expression spontanée (émotions, besoins, limites) était réprimée, risquée, ou encore mal accueillie et ignorée.

Repensez à votre enfance, votre adolescence : étiez-vous encouragé·e à exprimer vos sentiments, vos désaccords même, ou étiez-vous recadré·e très vite pour refrener tout élan ?

L’enfant — puis l’adulte — apprend à scanner l’environnement, afin de chercher des repères sécuritaires. Vous avez instinctivement appris très tôt dans votre vie à anticiper les attentes, à ajuster votre comportement pour maintenir un lien aussi rassurant que possible. Et ça n’a jamais été un choix conscient, mais plutôt une stratégie de survie relationnelle.

Avec le temps, ce mécanisme est devenu automatique. D’autant plus si vous avez été exposé·e à des blessures émotionnelles, que vous cherchez à éviter à tout prix, en anticipant les réactions des autres : rejet, conflit, déception, abandon. La suradaptation continue alors même quand le contexte a changé.

Mode survie : que signifie ce terme en psychologie ?

Réponse courte

Le mode survie désigne un état dans lequel le système nerveux privilégie la sécurité immédiate en réfrenant les élans de liberté, de créativité ou le désir.

En pratique : ma métaphore du border collie

En mode survie, le corps et le psychisme fonctionnent en vigilance accrue.

J’aime expliquer la situation à mes clients avec une métaphore, celle du border collie :

Ce magnifique toutou est un stressé de nature. Son objectif majeur est que le troupeau reste compact, sans débordement, facile à maitriser : une seule brebis qui s’égare et notre border collie fonce, le corps en surtension, pour la ramener dans le rang. Il semble agir comme si sa propre vie en dépendait.

Si vous souffrez vous-même d’un important état de suradaptation, jusqu’au mode de survie relationnelle, vous vous comportez vous aussi comme notre border collie : en hypervigilance de ce que l’autre pourrait dire ou faire, qui sortirait du cadre – votre cadre étant celui de votre sécurité affective.

border collie bleu merle

  • Note d’espoir :
    Vous n’avez pas à culpabiliser d’être comme ça, vous n’avez pas choisi de ressentir une telle insécurité, c’est votre histoire qui vous a conduit où vous en êtes aujourd’hui.
  • Le border collie aussi peut changer, si on lui donne la chance de ne plus être un outil de travail, mais bien un petit être digne d’amour, alors il cesse d’être hypervigilant, de se reposer les quatre pattes en l’air !

People pleasing : est-ce une forme de suradaptation ?

Réponse courte

Le people pleasing — vouloir faire plaisir et contenter l’autre — est la principale forme de suradaptation, s’il repose sur la peur de déplaire, le besoin d’être validé ou l’angoisse du conflit. Il ne s’agit pas d’être attentionné, mais de se conformer pour rechercher la sécurité relationnelle.

 Le people pleasing devient problématique quand dire oui est plus sûr que dire vrai.

En pratique : gentil·le et poli·e

Le people pleasing vous pousse à anticiper les besoins de l’autre et à minimiser les vôtres. Le lien est maintenu, soigneusement entretenu, mais au très lourd  prix de votre effacement progressif.

Et quand on y réfléchit, nous avons reçu une éducation si dysfonctionnelle, qu’on a appris à valoriser ces comportements ! Combien de fois avez-vous entendu un·e proche, un·e relation, se vanter de faire passer les autres avant son propre bien-être ? Tata Sophie a l’air d’attendre qu’on lui décerne un Oscar !

Affirmer « je suis quelqu’un qui m’oublie pour les autres » ne devrait pas être source de fierté, car c’est une attitude paradoxale de survie émotionnelle. 

Comme pour la suradaptation, le critère central n’est pas le comportement visible, mais le coût interne : culpabilité à poser une limite, anxiété à décevoir, impression de se trahir.

Erreur fréquente
Si je me suradapte, c’est parce que je suis trop gentille, trop empathique ou trop sensible.
⚠️ Non, la gentillesse est un choix et non une stratégie de sécurité.

Qu’est-ce qu’une injonction en psychologie ?

Réponse courte

Une injonction est un message explicite ou implicite qui prescrit une manière d’être, de ressentir ou d’agir pour rester acceptable, aimé·e ou intégré·e.
Lorsqu’elle est intériorisée très tôt, elle devient un repère invisible qui guide les comportements, souvent au détriment des besoins et des limites personnelles.

En pratique

Les injonctions ne sont pas toujours formulées clairement. Elles s’inscrivent dans le climat familial, scolaire, culturel ou social, et finissent par être vécues comme des évidences.
La suradaptation apparaît lorsque ces injonctions deviennent prioritaires sur l’écoute de soi.

Injonctions parentales et scénarios de vie (analyse transactionnelle)

Réponse courte

En analyse transactionnelle, les injonctions sont des messages précoces transmis par les figures d’attachement, qui structurent des scénarios de vie inconscients : sois fort, fais plaisir, ne fais pas de vagues, sois parfait.

En pratique

Ces injonctions ne sont pas toujours verbales. Elles se transmettent par les réactions émotionnelles, les silences, les attentes implicites.
À l’âge adulte, elles continuent d’agir comme des programmes internes : la personne s’ajuste avant même d’avoir identifié ce qu’elle ressent ou souhaite, installant une suradaptation durable sous couvert de “bon fonctionnement”.

Qu’est-ce qu’une injonction sociale ?

Réponse courte

Une injonction sociale est une norme collective intériorisée qui définit ce qui est valorisé, attendu ou sanctionné dans un groupe donné. Elle agit comme un cadre implicite de conformité.

En pratique

Les approches sociologiques et systémiques montrent que ces injonctions organisent la vie collective : réussir, être performant·e, s’adapter, ne pas déranger.
La difficulté survient lorsque l’individu ne peut plus s’en écarter sans culpabilité, peur du rejet ou sentiment d’insécurité relationnelle — terrain propice à la suradaptation.

🗣️ conversation entre Injonctions & Suradaptation

Injonction : je sais que tu n’es pas à l’aise, mais fais un effort pour faire plaisir.
Suradaptation : ok. Mon bien-être mental passe après.

Injonction : sois sage, ne dérange pas.
Suradaptation : compris. Je me fais discret·e.

Injonction : oui c’est dur, mais il faut être fort·e dans la vie.
Suradaptation : D’ac ! Je n’ai pas le droit de souffrir.

Injonction : sois à la hauteur.
Suradaptation : promis. Je force, même épuisé·e.

Injonction : ne contrarie pas les autres.
Suradaptation : ok. Je dis oui, même quand c’est non.

Suradaptation : comment savoir si je me suradapte ? (signes)

Réponse courte

La suradaptation se mesure par le cout, et ce sur trois personnels : l’émotionnel et le cognitif (charge mentale, doutes, ruminations), l’aspect corporel (tensions, fatigue, troubles fonctionnels) et le relationnel (dépendance au regard, difficulté à poser des limites).

Se questionner sur une éventuelle suradaptation est déjà un pas vers la liberté.

En pratique : un trouble qui n’est pas nommé

La suradaptation est un mécanisme discret, sourd, insidieux. Je le répète, on ne me consulte pas pour « suradaptation » — sauf lorsque les personnes viennent par l’écoute du podcast, le bouche à oreille, ou la lecture d’un article de ce blog.

C’est à la fois la première cause d’accompagnement, mais elle est verbalisée différemment :

  • Je suis un adulte et pourtant j’ai l’impression d’être un gamin sans voix quand ma mère m’envoie des scuds…
  • J’en fais toujours plus au travail, mais ça ne suffit jamais…
  • Je ne suis jamais satisfaite du résultat, je recommence encore et encore et je finis même parfois par abandonner…
  • Je ne peux pas lui dire ça sinon il va me quitter…
  • Je n’aime pas croiser des gens que je n’ai pas vus depuis longtemps parce qu’ils vont voir que j’ai grossi…

Beaucoup de personnes suradaptées “fonctionnent très bien” en apparence, d’autant qu’elles sont encouragées dans leur comportement.

Les injonctions sociétales, familiales et patriarcales normalisent la suradaptation.

C’est pourquoi j’alerte sur le fait que le repérage passe par une écoute attentive de vos signaux internes. C’est d’autant plus difficile que, plus l’injonction à se suradapter est ancienne, plus les signes peuvent sembler « normaux », « pas graves ».

Signes émotionnels et cognitifs

Réponse courte

Sur le plan émotionnel et cognitif, la suradaptation se manifeste par une hyperactivité mentale et une douleur psychique : doutes, ruminations, angoisses, difficultés à nommer ce qu’on veut, sentiment de vide ou même parfois d’imposture.

L’état de suradaptation vous maintient dans un épaix brouillard mental.

En pratique : le cercle vicieux

Vous pensez être prévoyant·e en passant du temps à anticiper, analyser, ajuster, mais cette hypervigilance épuise votre système cognitif. Pire, c’est tout à fait contreproductif puisque :

  • Les décisions deviennent de plus en plus pénibles à prendre.
  • La notion de choix, qui est pourtant un droit, est source d’angoisse.
  • Il vous est ainsi très difficile de ressentir la fierté et le sentiment d’accomplissement.

J’observe malheureusement assez fréquemment une distanciation de soi : les émotions sont là, mais vous en parlez en vous dévalorisant, avec contradiction, et vous cherchez à tout rationaliser.

Des émotions qui sont dévalorisées, contradictoires ou rapidement rationalisées. Le mental prend le relais pour maintenir le contrôle, au détriment de l’élan spontané.

Signes corporels, somatisation

Réponse courte

Les conséquences corporelles de la suradaptation sont très nombreuses : tensions musculo-squelettiques, fatigue chronique, troubles du sommeil et de l’endormissement, affections dermatologiques, troubles digestifs, perte de libido, troubles alimentaires, addictions.

J’affirme que la suradaptation tu et je vais vous le prouver.

En pratique : une tueuse silencieuse

Pour essayer de contrer l’épuisement mental lié à la suradaptation, on adopte inconsciemment des comportements — ou non-comportements — de compensation. Vous mettez ainsi votre santé physique en danger.

  • Alcoolisation pour fuir la réalité.
  • Sédentarité, voire isolement, pour avoir développé une peur ou un rejet de l’autre.
  • Tabac, troubles alimentaires pour essayer de trouver une illusion de soutien.
  • Excès de sport.
  • Conduites auto-agressives : onychophagie, trichotillomanie, grattage, chirurgies esthétiques non prescrites, privation, excès…

Signes relationnels, dépendance au regard

Réponse courte

Sur le plan relationnel, la suradaptation se manifeste par une difficulté à dire non, les limites floues, la peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur et une forte sensibilité au regard ou à l’humeur de l’autre.

Être validé·e, reconnu·e, aimé·e au prix de sa santé mentale et physique. 

En pratique : être une « bonne personne »

En état de suradaptation, l’estime de soi est conditionnée par l’image que l’on renvoie, à un·e proche, de la famille, un groupe social. L’autre.

  • Être une bonne mère, un bon père.
  • Être une bonne épouse, un mari solide.
  • Être bon·ne élève.
  • Être un·e collègue serviable.
  • Être beau, belle.
  • Être un·e entrepreneur·e audacieux·se.
  • Être résistant·e, performant·e.
  • Être plus riche que son voisin, avoir une plus grosse voiture.
  • Et tant d’autres encore !

⚠️ Attention à la mithridatisation

Il était une fois un roi, Mithridate, qui craignait tant d’être empoisonné qu’il ingérait chaque jour de petites doses de poison pour s’immuniser…

Son histoire est si particulière (je ne vous spoile pas la fin) qu’un nom commun est né de son patronyme : la mithridatisation, c’est-à-dire l’exposition répétée et graduelle aux toxiques qui fait que l’on anesthésie notre faculté à ressentir les signes de détresse.

Vous voyez où je veux en venir ? 😉

Suradaptation : ce que les grands courants thérapeutiques permettent de comprendre

Réponse courte

Depuis plusieurs décennies, les approches thérapeutiques convergent vers un même constat : la souffrance psychique ne vient pas seulement des traumatismes visibles, mais de stratégies d’adaptation devenues rigides. De Winnicott à l’IFS, en passant par les approches relationnelles, corporelles et systémiques, un fil commun apparaît : ce qui protège un temps peut finir par enfermer, lorsque l’adaptation devient un mode de survie permanent.

En pratique : on ne sait que choisir ! (Vous avez la ref ?)

La suradaptation est un sujet qui me passionne parce que je la constate au quotidien et je remarque à quel point vous culpabilisez d’être vous — comme s’il ne suffisait pas de souffrir d’un comportement que l’on vous a induit très souvent par des injonctions, vous vous punissez en plus d’essayer de coller à ce qu’on attend de vous !

Voilà probablement ce qui a motivé mes recherches et formations depuis toutes ces années : combiner des outils et courants de pensée qui tendent à vous réinvestir pour vous-même avec amour, compassion et responsabilité.

La méthode DRAMA™ a été inspirée par plus de 40 courants.

Faux self (Winnicott) : qu’est-ce que c’est en psychologie ?

Réponse courte

Le faux self, concept proposé par Donald Winnicott, désigne une organisation psychique construite pour répondre aux attentes (sociétales, familiales) lorsque l’expression spontanée de soi est mal accueillie ou pas assez sécurisée. Le faux self recherche l’adaptation et la survie relationnelle, mais au prix d’un affaiblissement du sentiment d’authenticité.

C’est le faux self qui est en scène en situations de suradaptation.

En pratique : le protecteur plein de bonne volonté, mais…

Sur tous les courants que j’ai travaillés, notamment pour construire mon protocole DRAMA™, le travail de Winnicott, est l’un de ceux qui m’a le plus passionnée.

Il nous explique que le développement psychique se joue dès notre enfance et repose sur la possibilité que nous avons eue, ou non, d’exprimer avec spontanéité nos émotions et nos besoins. La liberté d’initiative aussi. Mais si vous avez grandi dans un environnement intrusif, imprévisible, exigeant ou insécure, vous avez plus appris à vous conformer qu’à devenir vous-même.

Vous comprenez donc que votre faux self n’est pas un mensonge, ou une part fausse de vous-même. C’est une structure de protection que vous avez construite, pour essayer de vous sécuriser et trouver votre place. Et quand je dis « vous », c’est « nous », hein ! Je ne suis pas à l’abri du faux self.

Mon travail au quotidien est de vous expliquer qu’il est inutile et même contre-productif de continuer à vous autoflageller, à vous en vouloir de vos choix et à culpabiliser. Vous ne faites qu’entretenir l’insécurité. D’autant que votre faux self se manifeste dans de nombreux choix de vie :

  • Se taire, pour essayer de préserver le lien.
  • Plaire, pour obtenir de la reconnaissance.
  • Trahir ses valeurs, pour ne pas faire de vagues.
  • Etc.

Éprouver une impression de décalage, de vide ou de fatigue identitaire est certes douloureux, mais c’est le signe d’une part de vous qui vous invita à aller à la rencontre de votre vrai self.

Différence vrai self faux self

Réponse courte

Le vrai self qualifie un soi vivant, spontané, responsable, cohérent et à l’écoute de ses besoins, ouvert sur le monde avec une aptitude d’élans personnels.

Le self est un soi suffisemment sécurisé pour prendre sa place et s’engager dans une vie personnelle et sociale.

En pratique : libéré·e, délivré·e !

Je ne peux pas vous définir le self par des traits de personnalité, des qualités, mais plutôt par son sentiment interne de justesse. Il invite à :

  • La créativité car il est ouvert à la découverte et à l’inconnu.
  • Au plaisir, car le self est moins encombré de stress, il ressent mieux.
  • À l’initiative. Être pleinement soi, sans injonctions, invite aux élans.
  • Au respect de soi et d’autrui, car les relations sont plus saines, avec la capacité de dire non sans se sentir menacé·e.

Le vrai self n’est pas « meilleur que le faux self, il est juste plus libre.

Noter que, lorsque le faux self réapparait, il protège le vrai self en l’enfouissant. En soi, le danger n’est pas qu’il existe — nous essayons tous·tes de nous adapter dans une situation d’inconfort —, mais c’est sa prise de pouvoir : quand le faux self devient le mode principal de fonctionnement, vous perdez l’accès à vos besoins, à vos limites, etc.

Self-like (IFS) : quand une part imite le Self

Réponse courte

En IFS (Internal Family Systems), on parle de self-like lorsqu’une part prend l’apparence du Self (calme, rationnelle, bienveillante) sans en avoir la profondeur. Elle donne l’illusion d’un équilibre intérieur, mais en maintient en réalité le contrôle et l’évitement émotionnel.

En pratique : le Molière du meilleur imitateur !

L’IFS est un autre des courants thérapeutiques qui me passionne et que j’ai souhaité intégrer au protocole DRAMA™.

J’aime dire que Self-Like est vraiment troublant, plus vrai que nature ! Il va se présenter avec des discours très posés, très lucides, parfois même très “thérapeutiques”. La personne comprend, analyse, relativise… MAIS ne ressent pas vraiment. Et ce n’est évidemment pas que vous fassiez de la résistance volontaire, vous avez juste mis en place une stratégie de protection très sophistiquée.

Self-like, prix du meilleur imitateur

Comme le faux self chez Winnicott, le self-like permet de fonctionner, parfois brillamment. Mais il empêche l’accès à la vulnérabilité, à l’utilité des émotions, et donc à une transformation profonde.

Tant qu’un self-like est aux commandes, le changement reste maîtrisé, propre… et surtout limité.

Masque social : persona, rôles, conformité

Réponse courte

Le terme « masque social » qualifie les rôles que nous adoptons pour répondre aux normes et attentes collectives. Cette notion est récurrente dans plusieurs courants : de la persona chez Jung, aux approches sociologiques des rôles, et même philosophiques.

Le masque social est cliniquement problématique lorsque le rôle ne peut plus être quitté sans malaise.

En pratique : tous·tes des drama queens ?

Je vous partage un florilège des passionnantes découvertes que j’ai faites au fil des lectures, recherches, et parfois formations.

Les rôles sociaux sont nécessaires, et d’ailleurs nous ne les remettons pas en question dans l’atelier DRAMA™.

En tant que comédienne et metteuse en scène professionnelle pendant 15 ans, j’ai même choisi de potentialiser cette notion de rôles dans le protocole que nous vivons tous·tes ensemble pendant 6 semaines, avec une forme très ludique de dramathérapie.

Les approches sociologiques (Goffman), analytiques (Jung) et cliniques s’accordent sur un point précis : la difficulté apparaît lorsque la personne ne sait plus qui elle est en dehors du rôle : le masque cesse alors d’être un outil adaptatif et devient une armure qui enferme.

Ce glissement est un point de convergence majeur entre les lectures psychodynamiques, relationnelles et contemporaines de la souffrance identitaire.

Exemple clinique

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, Claire s’est toujours attachée à être agréable, fiable et « courageuse ». Elle est entourée d’amis et de cousin·es avec qui elle sort aussi souvent que possible. Intérieurement, elle s’agace de plus en plus du comportement d’une cousine (qu’elle considère comme une sœur), qui lui en demande toujours plus et ne s’inquiète jamais de savoir comment elle va. En séance, Claire me confie ne pas être « malheureuse » mais, à 31 ans, elle a de plus en plus le sentiment de ne pas savoir ce qui justement la rendrait vraiment heureuse, et ça commence à lui générer des angoisses. Cliniquement, il s’agit d’un faux self très fonctionnel, qui a permis à Claire de tenir longtemps puisqu’elle a le sentiment d’être adaptée, entourée et aimée. Mais elle passe à côté d’elle-même, de ses besoins, de ses envies profondes.

💡 Dans DRAMA™, le protocole thérapeutique ne cherche pas à “supprimer” le faux self, mais à faire émerger un vrai self aligné et vivant, pour apprendre à faire des choix de vie alignés.

Suradaptation et neuroatypies (HPI, TDAH, hypersensibilité) : quel lien ?

Réponse courte

Chez les personnes neuroatypiques, la suradaptation est précoce, intense et chronique. Elle se développe pour compenser un décalage avec l’environnement (sensoriel, cognitif, relationnel) et éviter l’exclusion ou l’incompréhension. Le mécanisme permet de “passer”, mais il expose à un épuisement identitaire quasi inévitable.

En pratique : 

Il serait faux d’affirmer que toutes les personnes neuroatypiques sont suradaptées – déjà parce qu’il est bien assez douloureux pour elles d’être enfermées dans une case qui les marginalise –, mais le fait est que le risque d’épuisement mental est beaucoup plus fréquent chez un·e HPI, HPE, etc.

L’explication : quand un fonctionnement interne est plus rapide, plus sensible ou moins normé, un environnement très normé devient source de friction et d’insécurité mentale.

Pour maintenir le lien, la personne apprend à masquer, corriger ou compenser ses particularités. Cette adaptation est souvent valorisée (performance, autonomie, fiabilité), ce qui renforce le mécanisme.

La personne neuroatypique va jusqu’à se renier pour tenter d’être adaptée. 

Avec le temps, la suradaptation devient d’autant plus une seconde nature que la neuroatypie favorise l’empathie, et donc, la prise en charge des émotions de l’autre.

Camouflage social : mécanismes et coût

Réponse courte

Le camouflage social consiste à masquer ses particularités pour correspondre aux normes attendues. Il peut concerner les émotions, la communication, les réactions sensorielles ou le rythme cognitif. Ce camouflage facilite l’intégration, mais génère une fatigue invisible.

En pratique : le caméléon

Le camouflage n’a rien à voir avec le mensonge, d’autant que, si la personne neuroatypique a bien un talent d’interprétation qui facilite le mensonge, il n’en reste pas moins qu’elle est très mal à l’aise quand elle trahit la vérité.

Elle est aussi une excellente imitatrice — empathie quand tu nous tiens ! La personne observe, imite, ajuste ses réponses pour réduire le décalage avec l’environnement.

Ce travail de suradaptation mobilise des ressources cognitives importantes. Il limite l’accès au repos psychique et crée une tension continue épuisante.

Surcharge et surcompensation : pourquoi ça épuise

Réponse courte

La suradaptation chez les personnes neuroatypiques s’accompagne souvent de surcompensation : faire plus, mieux, plus vite pour compenser ce qui est perçu comme un défaut. Cette dynamique conduit à une surcharge mentale, émotionnelle et corporelle.

Explication clinique

La surcompensation peut prendre la forme d’un perfectionnisme, d’un contrôle accru ou d’un investissement excessif. Elle permet de tenir, parfois longtemps, mais elle repose sur un déséquilibre : l’effort dépasse les capacités de récupération.

À terme, cette surcharge peut conduire à un burn-out identitaire : la personne ne sait plus si elle est fatiguée, démotivée, ou simplement épuisée d’avoir trop longtemps fonctionné contre elle-même.

Bonjour, je m’appelle Marnie et je suis neuroatypique !

Je fais partie du club des neuroatypiques anonymes ! Et s’il est vrai que ça m’a longtemps desservie, épuisée psychiquement, je peux affirmer aujourd’hui que j’ai su en faire une force, et une fierté. Notamment celle de pouvoir accompagner plus efficacement du fait d’une lecture accrue et rapide des personnes que j’accompagne.
NB : La remise en question dans mon métier est cependant permanente, c’est même un devoir. Aussi, même lorsque je crois déceler ou comprendre un trouble, je ne m’arrête jamais à ma première impression.

Suradaptation : quelles conséquences et quels dangers ? (burn-out identitaire, anxiété, vide)

Réponse courte

Un comportement de suradaptation non conscientisé expose à des conséquences psychiques profondes : perte de sens et même d’élan vital, anxiété chronique, repli sur soi associé à une autodévalorisation, burn-out identitaire.

À force de s’ajuster, la personne peut perdre l’accès à ses besoins, à son désir et à son sentiment de continuité intérieure.

En pratique : une vraie urgence 

La suradaptation n’est pas neutre. Lorsqu’elle est devenue chronique, elle a un effet d’érosion progressive de l’identité psychique. L’énergie vitale est mobilisée pour maintenir l’ajustement, au détriment de l’écoute de soi, de la récupération et de la joie de vivre.

Avec le temps, la personne a plus le sentiment de “tenir” que de vivre.

Un phénomène d’autant plus sourd qu’il complique les prises de conscience et fait s’enfoncer toujours un peu plus dans le déni de soi.

Burn-out identitaire : symptômes et vécu typique

Réponse courte

Le burn-out identitaire se caractérise par une fatigue profonde d’être soi, une perte de sens et l’impression de ne plus savoir qui l’on est en dehors des rôles tenus coute que coute.

Il ne s’agit pas seulement d’épuisement, mais d’un effondrement des repères identitaires.

En pratique : un épaix brouillard mental

Contrairement au burn-out professionnel classique, le burn-out identitaire touche l’ensemble du fonctionnement psychique, et c’est bien plus insidieux !

Vous continuez à travailler, à remplir vos obligations, tout en éprouvant un vide intérieur, une démotivation globale ou une impression de déconnexion.

Les phrases que j’entends le plus souvent :

  • Je ne sais plus ce que je veux.
  • Je fais plein de choses, mais je ne vibre plus.
  • Je me reconnais pas et de toute façon je ne sais pas qui je suis.
  • J’ai l’impression de jouer des rôles.

Ce vécu traduit une rupture entre l’adaptation extérieure et la vie intérieure. Les conséquences pour l’estime de soi sont dramatiques.

Suradaptation et relation toxique : pourquoi c’est un terrain à risque ?

Réponse courte

La suradaptation crée un terrain hautement favorable aux relations toxiques, car elle normalise l’effacement de soi et la tolérance à l’inconfort relationnel.

En pratique : la peur de perdre le lien est supérieure à l’estime de soi

Dans une relation toxique, les limites sont progressivement transgressées. La personne suradaptée, habituée à s’ajuster pour préserver le lien, va peu à peu minimiser ses signaux d’alerte et s’investir toujours davantage pour “arranger” l’autre, ou ne pas perdre son attention.

Ce fonctionnement peut être exploité, consciemment ou non, par un partenaire au profil toxique (professionnel, amoureux, amical ou familial).

🚩 Red flag

Une relation devient particulièrement à risque lorsque le malaise intérieur augmente à mesure que l’on fait des efforts pour que tout se passe bien.

Les blessures de l’enfance peuvent conduire à rechercher l’amour ou la validation extérieure au prix de votre propre santé mentale, et ça, les personnes « toxiques » le détectent très vite. Elles s’emparent de votre besoin pour instiller le venin.

 

Suradaptation : comment arrêter de se suradapter ? (principes de sortie)

Réponse courte

Pour sortir de la suradaptation, la prise de conscience du comportement est une condition absolue : ne plus ignorer le coût identitaire, repérer les mécanismes, identifier les origines de la tendance à se suradapter, pour mieux la déconstruire.

L’estime de soi inconditionnelle et responsable est le meilleur bouclier contre la tendance à se suradapter.

En pratique : retrouver la valeur d’être vous

La suradaptation ne disparaît pas par la « volonté ». D’ailleurs, tout propos qui tend à vous faire croire que la volonté règle les troubles du comportement, est faux et dangereux.

Vouloir changer brutalement votre comportement envers les autres vous expose souvent à de la culpabilité, de l’angoisse et un sentiment d’échec.

On ne peut tenir une envie de changement que si elle a un sens profond et non discutable.

La sortie de suradaptation est donc progressive et sécurisante. Car elle vous fait prendre conscience de la valeur que vous avez, non discutable, avec laquelle vous ne négocierez plus à l’avenir.

Comment retrouver son vrai self après une longue suradaptation ?

Réponse courte

Retrouver son vrai self consiste à réapprendre à écouter ses signaux internes — besoins, valeurs, émotions — et à les légitimer : poser ses limites et choisir sa vie est un droit fondamental.

En pratique : tout ceci n’a aucun sens et il est temps d’en prendre conscience

Vous n’imaginez pas à quel point il est déroutant de voir des personnes fortement suradaptées réussir à prendre un virage à 180° en assez peu de temps.

Pourquoi ? parce qu’une fois que vous comprenez que vous ne faites que coller à des injonctions sociétales ou familiales, à des principes hérités, vous apprenez à prendre conscience de l’hérésie de ce comportement.

Vous réalisez par là même que votre vie est infiniment précieuse et qu’il n’est plus acceptable de la mettre en péril avec des comportements que vous n’avez même pas choisis.

Méthode DRAMA™ : comment aide-t-elle à sortir de la suradaptation ?

Réponse courte

La méthode DRAMA™ repose sur un protocole thérapeutique : identifier les rôles suradaptés, comprendre les origines (cartographie des blessures et injonctions), accueillir et respecter les parts de soi pour reconstruire une estime de soi responsable et solide.

Suradaptation → origines → déconstruction → dé[DRAMA]tisation → vrai SELF

En pratique : un protocole systémique

La suradaptation s’installe rarement sur un seul plan. Elle engage à la fois le corps, les émotions, les croyances et les relations.

J’ai conçu DRAMA™ pour répondre à cette complexité, en articulant plusieurs leviers thérapeutiques et pédagogiques au sein d’un protocole profondément transformateur.

Le cadre proposé permet de relier ce qui est souvent travaillé séparément :

  • La compréhension intellectuelle
  • Le vécu émotionnel
  • La mise en miroir avec d’autres personnes, qui valide les prises de conscience

La méthode s’adresse ainsi à des personnes qui stagnent et culpabilisent de « ne pas avancer ».

Comparatif protocole DRAMA™ et autres méthodes

Méthode DRAMA™ : comment aide-t-elle à sortir de la suradaptation ?

Réponse courte

La méthode DRAMA™ repose sur un protocole thérapeutique : identifier les rôles suradaptés, comprendre les origines (cartographie des blessures et injonctions), accueillir et respecter les parts de soi pour reconstruire une estime de soi responsable et solide.

Suradaptation → origines → déconstruction → dé[DRAMA]tisation → vrai SELF

En pratique : un protocole systémique

La suradaptation s’installe rarement sur un seul plan. Elle engage à la fois le corps, les émotions, les croyances et les relations.

J’ai conçu DRAMA™ pour répondre à cette complexité, en articulant plusieurs leviers thérapeutiques et pédagogiques au sein d’un protocole profondément transformateur.

Le cadre proposé permet de relier ce qui est souvent travaillé séparément :

  • La compréhension intellectuelle
  • Le vécu émotionnel
  • La mise en miroir avec d’autres personnes, qui valide les prises de conscience

La méthode s’adresse ainsi à des personnes qui stagnent et culpabilisent de « ne pas avancer ».

Pourquoi un cadre structuré est nécessaire pour sortir de la suradaptation ?

Réponse courte

Sortir de la suradaptation nécessite un cadre clair, car le mécanisme repose sur des automatismes anciens et protecteurs. Sans structure, les prises de conscience sont instables et conduisent à des échecs vécus comme culpabilisants – injustement d’ailleurs !

En pratique : réapprendre la bienveillance 

La suradaptation fonctionne comme un réflexe de survie relationnelle. Lorsqu’on tente d’en sortir seul·e, sans cadre sécurisant, il est fréquent de retomber dans la culpabilité, l’auto-exigence ou le surcontrôle.

À noter d’ailleurs que le contrôle nous a été vendu comme un véritable style de vie épanouissant – et on s’étonne que nous grandissions dans la culpabilité !

La méthode DRAMA™ rejette fermement les notions de contrôle, injonctions et punition.

Ce que le travail en groupe apporte dans l’atelier en ligne DRAMA™

Réponse courte

Le groupe agit comme un accélérateur de prise de conscience et de sécurité relationnelle. Il permet de sortir de l’isolement adaptatif et de remettre en question des schémas vécus comme individuels.

Explication clinique

La suradaptation se construit souvent dans la relation. Le groupe offre un espace où les rôles peuvent être observés, questionnés et progressivement relâchés. L’effet miroir permet de reconnaître chez l’autre ce qui était jusque-là invisible chez soi.

Dans DRAMA™, le groupe n’est pas un simple support motivationnel. Il constitue un outil thérapeutique à part entière, favorisant la dignité, la reconnaissance mutuelle et la normalisation des vécus. Cette dimension collective est souvent déterminante pour consolider les changements engagés.

Coach de vie thérapeute en ligne

Individuel et couple
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Transcription intégrale de l’épisode

Coucou, c’est Marnie.
Suradaptation, c’est le podcast qui alerte sur les risques de burn-out identitaire et de relations toxiques quand on essaie d’être toujours à la hauteur. Mais il existe une autre vie.

Dans ce tout premier épisode, c’est un des rares épisodes de référence pour ce podcast, parce que je l’ai voulu volontairement très exhaustif. Pour bien comprendre, on peut le qualifier, je pense, de psychopédagogique.

C’est l’épisode vers lequel je vous renverrai souvent quand on parlera de relations toxiques, de perte de sens, d’exil de soi fragile, de procrastination, de sabotage, de syndrome de l’imposteur, de burn-out identitaire. Tout ça, ce sont les conséquences de la suradaptation. Et c’est un mal qui est assez sourd en fait. Et c’est à ça que j’ai envie de sensibiliser à travers ce podcast et à travers le travail que je fais tous les jours.

Les expériences m’ont montré que les masques sociaux, ceux que nous portons et que nous n’avons pas choisi de porter, mais que nous portons pour nous suradapter à ce qu’on attend de nous, ils sont tout à fait dévastateurs pour le psychisme quand on joue ses rôles par obligation.

Qu’est-ce que vous allez entendre dans cet épisode très riche ? Et je vous le dis, il y a un article de blog qui est associé. Si vous voulez aller plus loin, je vous mets le lien dans le descriptif de l’épisode. Donc n’hésitez pas si vous voulez creuser le sujet.
Alors, qu’est-ce qu’on va entendre ? Eh bien comment repérer la suradaptation, bien évidemment la différence avec l’adaptation qui, elle, est tout à fait saine et épanouissante. C’est normal de s’adapter.

On va comprendre pourquoi ce mécanisme toxique s’installe, le rôle des injonctions, du mode survie. On parlera également de people pleasing, je ne sais pas si vous connaissez, mais vous allez tout savoir. Je vais vous décrire les symptômes de la suradaptation, qu’ils soient émotionnels, corporels, relationnels.

Et puis je vais vous partager ce que j’ai appris des grands courants thérapeutiques, et qui ont été très fondateurs pour moi sur le sujet, et notamment fondateurs de ma méthode DRAMA™, cet atelier en ligne de six semaines dont vous pouvez entendre les témoignages des participants sur ce podcast.
Je crois que je vous ai tout dit de ce que vous allez entendre, alors prenez place, mettez-vous à l’aise, parce que la déconstruction commence maintenant.

Alors ce mot suradaptation, pour vous donner une définition qui soit à la fois clinique et simple.
Je dirais que se suradapter, c’est trop s’ajuster aux attentes de l’environnement. De l’environnement en général, mais parfois c’est uniquement un ou plusieurs environnements autour de soi. Ça peut être avec votre famille, dans votre travail, en amour. Vous allez voir au fil de l’épisode, on pourra en parler.

Alors pourquoi c’était important pour moi de vous sensibiliser à la suradaptation ? Parce que c’est un mal sourd, véritablement. On est si habitué à se suradapter que la plupart du temps, on ne s’en rend même pas compte. Et il faut parfois arriver véritablement à ce qu’on appelle le burn-out identitaire, à l’épuisement mental, aux relations toxiques malheureusement souvent aussi, pour se rendre compte qu’on a un problème.

Donc il est vraiment important d’apprendre à conscientiser les situations de la vie, qu’elles soient personnelles, professionnelles, sociales, familiales, amoureuses, où vous vous suradaptez. Et apprendre aussi à le faire sans culpabilité. J’insiste très très souvent, que ce soit dans les accompagnements, que ce soit dans l’atelier DRAMA™, et vous m’entendrez souvent le faire dans ce podcast.

Sans culpabilité, parce que vous n’avez pas choisi ces comportements. Ils sont le fruit de schémas, d’injonctions que vous avez apprises au cours de votre enfance, que vous entendez chaque jour peut-être dans les réseaux sociaux, au travail. Donc surtout, la culpabilité ne sert à rien. Ça n’est pas du tout comme ça qu’on avance. Et ça, c’est vraiment mon leitmotiv. Si je réussis à vous faire passer cette info, je pense qu’on avancera déjà beaucoup.

Je vais clôturer la définition de la suradaptation par trois repères qui, je pense, pourront vous aider.
D’abord, c’est une forme d’hypervigilance dans vos relations. C’est-à-dire que vous avez tendance à scanner les réactions des autres, vous vous ajustez. Et quand je dis les autres, ça peut être les autres en général, mais ça peut être aussi les autres dans certaines situations. Avec votre mère peut-être, avec votre boss, avec votre conjoint ou conjointe, avec une amie que vous avez peur de perdre.

C’est vraiment cette hypervigilance, donc la peur de ce que vous allez dire, est-ce que vous n’avez pas dit une bêtise, est-ce que… voilà, vous comprenez.

Le deuxième point, ce sont les limites floues. Très important, parce que là, très souvent, c’est ce qui conduit aux relations toxiques. C’est-à-dire la difficulté à dire non, à faire respecter ce qui est important pour vous, ou même à verbaliser vos besoins. Les limites floues, c’est très caractéristique de la suradaptation.

Et puis un troisième point essentiel, c’est une dualité intérieure. Parce qu’on parle de la relation aux autres, mais la suradaptation, elle est aussi à l’intérieur de nous. Ce qui nous conduit parfois au déni dans nos pensées. Vous faites bonne figure, vous essayez d’être une bonne personne selon la définition qu’on vous a donnée, mais à l’intérieur, vous pouvez ressentir une grande insatisfaction. Au fond de vous, vous sentez que vous êtes de plus en plus en souffrance, vous avez l’impression de perdre du sens.

Donc voilà ces trois points essentiels pour apprendre à repérer la suradaptation : hypervigilance dans vos relations, limites floues, et cette dualité intérieure.

Alors suradaptation, mais qui dit suradaptation dit adaptation. Parce que c’est tout à fait normal de s’adapter. Personne ne vit sans faire des concessions ou des ajustements. Et c’est même très agréable de faire certains choix pour faire plaisir à des personnes que vous aimez, pour leur montrer de l’intérêt. On a naturellement appris à composer avec les autres, à apprendre les codes sociaux, à faire des compromis. Et tout ça est très bien.

Mais comment on fait la différence entre l’adaptation et la suradaptation ?
C’est extrêmement simple. C’est ce que je pourrais qualifier d’un certain degré de liberté intérieure. S’adapter, c’est un choix, un acte responsable, qui n’a pas de coût identitaire. Dans la suradaptation, la grande différence, c’est qu’on ne parle plus de choix, mais d’automatisme ou de sacrifice identitaire. Vous vous ajustez même quand ça vous fait du mal, même quand ça vous cause du stress, même quand votre corps vous envoie des signes de souffrance.

Pourquoi la suradaptation se met en place, ou s’est mise en place probablement depuis très longtemps ? Parce qu’elle est souvent évitée.
Déjà, on va déconstruire un cliché, et vous n’imaginez pas à quel point ça m’agace. Non, la suradaptation n’est pas une faiblesse. Vous n’êtes pas faible parce que vous n’osez pas dire non, parce que vous n’osez pas poser des limites. Et le terme faible ne veut strictement rien dire.

La suradaptation est un mécanisme de défense. Dans l’atelier DRAMA, c’est quelque chose sur lequel j’insiste beaucoup. Apprendre à écouter les parts qui sont en nous et qui ont considéré, à un moment donné, que se suradapter était la meilleure solution pour rechercher une forme de sécurité. Ce ne sont pas des parties défaillantes ou mauvaises. Ce sont des parties qui cherchent à s’adapter du mieux qu’elles peuvent pour éviter des situations stressantes ou insécurisantes.

Le problème, c’est qu’en se suradaptant, on renforce le stress et l’insécurité.
Si, au cours de votre enfance, l’expression de vos émotions ou de vos besoins a été peu encouragée, mal accueillie, sanctionnée, minimisée, voire moquée, cela crée une logique de survie chez l’adulte pour chercher une sécurité relationnelle et émotionnelle.

Cette logique de survie consiste à anticiper pour ne pas déplaire, à éviter de déranger, à répondre aux attentes des autres. C’est le mode survie. En psychologie, le mode survie renvoie à un état où le système nerveux privilégie la sécurité immédiate, quels que soient les coûts secondaires.

Dans la suradaptation, c’est insidieux, sourd. Vous pouvez continuer à fonctionner en apparence, mais avec un déni de vous-même dangereux pour le psychisme, et cette fameuse dualité intérieure qui s’installe.

Un mot rapide sur le people pleasing. Littéralement, tout faire pour contenter l’autre. C’est typique de la suradaptation. Et ça renvoie à une protection de l’ego : croire que l’on est gentil. La gentillesse est un choix. Si vous faites plaisir sans dépasser vos limites, vous êtes dans le choix. Si vous dépassez systématiquement vos limites, on n’est plus dans la gentillesse, mais dans la suradaptation.

Un mot sur les injonctions. Une injonction est un message explicite ou implicite qui prescrit une manière d’être, de ressentir ou d’agir. Les injonctions explicites viennent de l’extérieur. Les injonctions implicites sont cette petite voix intérieure qui dit « il faut », « je dois », « je devrais ». Elles sont dangereuses parce qu’elles poussent au perfectionnisme, au dépassement des limites, au syndrome de l’imposteur.

Les signes de la suradaptation sont émotionnels, cognitifs, corporels et relationnels. Ruminations, doute, difficulté à faire des choix, besoin de contrôle, anxiété diffuse, brouillard mental, perte de sens. Le corps parle aussi : fatigue chronique, troubles du sommeil, tensions, douleurs. Et parfois des comportements de compensation comme l’alcool, les médicaments, pour tenir.

Sur le plan relationnel, la difficulté à dire non, la peur de décevoir, la dépendance au regard de l’autre, les relations toxiques, les phénomènes d’emprise. On peut être très entouré et se sentir profondément seul à l’intérieur.

Si vous vous reconnaissez dans des situations d’emprise ou de relation toxique, et que vous vous sentez très découragé, allez voir des personnes spécialisées. Le 3919 est une ressource importante. Psychiatre ou psychologue selon votre état. Je suis pour ma part coach et thérapeute, et j’accompagne des personnes en situation de relation toxique. L’atelier DRAMA propose une branche spécifique pour cela, avec des groupes dédiés, pour permettre de se redonner de la valeur, retrouver l’estime de soi et la capacité de choix.

Si vous vous êtes reconnu dans cette description de la suradaptation, il existe des solutions. Ce n’est pas inéluctable. On apprend à se choisir pour être mieux avec les autres. C’est quand on s’écoute qu’on tient debout.

Si vous avez envie de réagir, de partager, l’adresse est podcast@marnie.coach