SOMMAIRE
L’épisode 6 du podcast est un épisode « suradaptation témoignage » et il nous emmène à la rencontre de Damien, 47 ans, secrétaire général d’une Alliance Française au Brésil. À travers son récit, il nous livre une perspective précieuse sur la suradaptation au masculin, l’impact du déracinement géographique sur nos automatismes et la puissance de l’outil IFS pour retrouver un équilibre intérieur.
Suradaptation : témoignage de Damien
Les points clés à retenir
- Définition personnelle : la suradaptation, c’est dire « oui » avec le sourire tout en censurant sa voix intérieure.
- Le corps comme boussole : les tensions physiques et les blessures (sportives ou autres) sont des signaux d’alerte majeurs de nos limites dépassées.
- L’outil IFS (Internal Family Systems) : une approche qui permet d’identifier les différentes « parts » de soi pour mieux comprendre sa mécanique interne.
- La force du collectif : l’expérience de groupe au sein de l’atelier DRAMA™ brise l’isolement et offre un miroir libérateur pour chaque participant.
- L’action préventive : un petit « non » aujourd’hui vaut mieux qu’un effondrement dans six mois.
Damien est expatrié au Brésil
Introduction, voix off Marnie
Quand on a la chance de faire mon métier et d’accompagner chaque jour des personnes pour leur permettre de s’émanciper du regard des autres, de faire des choix qui sont plus alignés, responsables, il faut reconnaître qu’on a plus souvent une clientèle féminine que masculine.
Pour tout vous dire, au début de ma carrière, je n’imaginais même pas accompagner des hommes. Et puis je peux affirmer qu’aujourd’hui je suis absolument ravie de le faire parce que c’est le plus souvent avec des hommes de grande valeur humaine comme Damien justement ou Younes que vous avez entendu précédemment. Je fais un clin d’œil à tous ceux que j’ai accompagnés jusqu’à présent et qui écoutent ces épisodes.
Le témoignage de Damien va vous montrer que les hommes, eux aussi, se questionnent sur les injonctions sociales qui conduisent à la suradaptation. Et d’ailleurs, il en a donné une définition très personnelle que j’ai adorée, mais je ne vous spoile pas, je vous laisserai l’écouter.
Et Damien, c’est aussi l’intelligence émotionnelle, d’essayer de comprendre les parts qui existent en lui. Il vous parlera de cet aspect de l’atelier DRAMA™ qu’il a beaucoup aimé, qui l’a même vraiment marqué, je crois, vous allez l’entendre.
Voilà, je laisse la parole à Damien. Merci pour ta confiance, ta sensibilité, ton témoignage.
Suradaptation, témoignage : la définition de Damien
Damien
Je m’appelle Damien, je suis français et j’ai 47 ans. Je suis actuellement secrétaire général d’une alliance française au Brésil, passionné de course à pied, de trail. Et surtout, j’ai eu cette occasion de participer à cet atelier DRAMA™ que tu as créé, mis en place. Donc, ça me permet de continuer à mieux me connaître, commencer à mettre aussi des limites.
Marnie
Une première question que j’ai pour toi, si tu devais expliquer la suradaptation à quelqu’un en une phrase, maintenant que tu as vécu l’expérience DRAMA™, tu dirais que c’est quoi la suradaptation ?
Damien
Je dirais que la suradaptation, c’est dire oui avec le sourire quand tu as envie de dire non, et souvent tu finis par ne plus entendre ton propre nom, ta propre voix intérieure.
Marnie
C’est joli comme définition.
Damien
Et ça m’a parlé toute ma vie. En fait, j’ai été dans cette situation-là pratiquement toute ma vie et encore plus au Brésil.
Déjà, le fait de partir à l’étranger, ça demande aussi un petit peu d’effort. C’est sortir de sa zone de confort et donc aller chercher un petit peu des choses au fond de soi. Déjà, au début, par rapport à la langue, je ne parlais pas spécialement le portugais. Eh bien, il faut faire des efforts et tu n’es pas toujours compris. Donc, il y a eu une phase… de suradaptation sur le plan pro, sur le plan perso.
Pour approfondir
L'article de référence sur la suradaptation
Suradaptation, quand le corps sature : la prise de conscience physique du stress
Damien
Mais à un moment donné, c’était il n’y a pas très longtemps, mon corps disait tu ne peux plus continuer comme ça, c’est trop. Et je sentais que je ne pouvais plus continuer le fonctionnement que j’avais eu toute ma vie. Et aussi, c’est passé par une petite étape où j’avais eu un soin dentaire et j’ai été bloqué pendant trois jours, cinq jours sans faire de sport. Et j’aime beaucoup le sport. Et ce moment-là était aussi un premier temps qui m’a obligé à me dire je ne peux plus continuer comme ça.
Et j’ai vu en me reposant, j’ai réussi à me relâcher. Et je me suis dit, il faut travailler sur des choses, mais c’est là où je t’ai contacté. Et on a commencé à travailler aussi tous les deux. Et ensuite, ces contradictions, ces injonctions que je ressentais, que j’avais en moi, j’ai commencé à les faire se parler. Et comme tu dis, à accepter certaines de mes parts.
Et en fait, j’ai commencé à travailler ça quand c’était un moment où j’étais en France, quand on a fait l’atelier un peu plus. Et j’ai utilisé ces outils. Et ces outils, en fait, je me suis dit, c’est comme une nouvelle vie qui est en train de commencer. C’est réel, donc ça. Ça valorise les outils, mais ça a été le cas.
Alors, c’est un travail qu’il faut continuer tous les jours. Il y a des jours qui sont plus faciles que d’autres. Ce n’est pas une transformation non plus comme ça facile. C’est une transformation qui démarre. Mais j’ai pu voir le soleil au bout du tunnel, on va dire. Et aussi, j’ai pu me surprendre en étant beaucoup plus apaisé dans certaines situations, qui habituellement, je ne le suis pas toujours, et à rassurer même les personnes qui elles-mêmes me rassuraient avant. Voilà.
Marnie
C’est chouette, très chouette. Et si tu devais alors donner un conseil à quelqu’un qui nous écoute, à l’issue déjà de ta propre expérience, mais aussi de l’atelier DRAMA™, de l’expérience DRAMA™, qu’est-ce que tu aurais envie de donner comme conseil à une personne qui a le sentiment déjà peut-être d’être en suradaptation dans sa vie, que ce soit dans sa relation amoureuse, au travail, avec sa famille, peu importe.
Damien
Deux, trois petits conseils. Une chose que je ressentais, mais que je n’ai pas faite, c’est écoutez votre corps. Parce que vous sentez des fois les tensions que vous avez, pour les sportifs, les tendinites, il y a certaines douleurs que vous connaissez. Donc, ça peut être un signe. Donc, écoutez votre corps.
Ensuite, tout simplement, et c’est quelque chose que je dois continuer à m’appliquer, avant chaque oui, optimiser le temps entre le moment où on reçoit la demande et le moment où on va donner la réponse. C’est-à-dire, la respiration, prendre un temps de respiration avant de s’engager. C’est tout simple.
Un petit non aujourd’hui vaut mieux qu’un effondrement dans six mois.
Marnie
Tu mets une résonance très corporelle au développement mental, à la santé mentale. C’est très important de le faire. On l’a vaguement évoqué pendant l’atelier, mais on a parlé de Damasio, entre autres. Bien sûr qu’il y a une résonance corporelle et bien sûr que notre corps nous donne tout un tas de signaux de suradaptation. Parfois, c’est des douleurs lombaires. Parfois, c’est un mal de tête. Pour certaines autres personnes, ça va jusqu’à la vue. Les sens peuvent être tout à fait touchés. Et c’est chouette que tu mettes cette résonance. Et puis, cette phrase, tu peux me la redire, cette phrase ?
Damien
Bien sûr. Un petit non, aujourd’hui, vaut mieux qu’un effondrement dans six mois.
La méthode DRAMA™
Une expérience unique pour trouver son vrai self
Si tu te reconnais dans la suradaptation (tenir l’image, t’oublier, culpabiliser, te sentir “à côté” de ta vie), l’atelier en ligne DRAMA™ est fait pour toi ! J'ai construit sur protocole structuré issu de plus de 40 courants thérapeutiques que j'ai découverts durant des années de recherche et de formations : psy, philo, socio, neuro… et même théâtre avec une forme de dramathérapie ! (obligé, j'ai été comédienne pro pendant 15 ans !)
Suradaptation → origines → déconstruction → dé[DRAMA]tisation → vrai SELF
6 semaines de rire, d'émotions, de créativité et d'amitié !
Suradaptation témoignage : l’IFS, explorer ses différentes parts
Marnie
Bon, écoute, qu’est-ce que tu veux qu’on dise de plus ? Tu as tout résumé.
Damien
Depuis l’atelier, en fait, je suis passé de… Avant, sans vraiment mettre un mot dessus, j’avais des injonctions. Je sentais des fois, comme là, je voulais dire non, et je disais oui. Mais je n’avais pas les outils pour ça. OK.
Marnie
Et déjà la conscience, surtout, parce que c’est ça que tu as entendu. La conscience. La prise de conscience, exactement. Et écoute, je suis ravie. Ça veut dire que les six semaines du protocole DRAMA™ que tu as passées dans l’atelier avec les autres ont porté leurs fruits.
Et est-ce que tu te souviens d’un moment, d’une phrase ou d’un exercice où tu as eu l’impression qu’il se passait quelque chose, qu’il y avait justement une prise de conscience qui commençait ?
Damien
Oui, on pourrait dire qu’il y en a eu plusieurs, mais pour moi, l’essentiel, le moment déclic, ça a été la découverte de ce qu’on appelle la thérapie IFS que tu nous as présentée et les parts qu’on a en soi.
Marnie
Ok. Toi, c’est les parts, vraiment, qui t’ont permis de prendre conscience. Tu peux m’en dire un peu plus ? Comment tu as ressenti ça ?
Damien
Alors, comment on ressent ça ? En fait, durant l’atelier, tu présentes différents exercices, différents courants, et c’est quelque chose que j’ai adoré. Parfois, il y a des courants que j’ai préférés plus que d’autres, et ça m’a donné vraiment une…
C’est comme si j’étais rentré dans mon moteur, une mécanique…
Et donc j’ai pu identifier, et j’ai réfléchi un petit peu, je me suis aussi servi un peu d’Internet, les différentes parts qui sont en moi, et aussi, par exemple, les nommer, les faire vivre, comme tu nous avais proposé.
Marnie
Génial. Je suis très contente que tu te sois approprié cet outil. Alors, je précise pour ceux qui nous écoutent que moi, c’est une présentation d’outils que je connais un peu parce qu’ils m’intéressent énormément. J’essaie de m’y former.
Et d’ailleurs, dans ce podcast, je donnerai la parole à des spécialistes. Donc, en tout cas, je suis ravie. Je vois que ça te parle. Qu’est-ce que tu retiens de l’aventure de groupe à proprement parler ?
La force du groupe : miroir libérateur pour briser l’isolement
Marnie
Qu’est-ce que tu retiens de l’aventure de groupe à proprement parler ?
Damien
Pour moi, ça a été une force et je me suis dit je ne suis pas le seul à vivre ça. Je dirais que ça a été un miroir, ça a été aussi une cohésion, une expérience. Je n’étais pas seul, c’était libérateur et ça a été une force.
Marnie
C’est vrai que quand on a la chance de faire un métier de l’accompagnement et qu’on aide des personnes chaque jour à mieux se connaître… On comprend à quel point on ne peut pas détacher ça de la notion d’humanité.
C’est la grande mode du développement personnel. Tout le monde doit travailler sur soi. Déjà, travailler, c’est un vilain mot. Mais oui, c’est formidable d’apprendre à se connaître, mais se connaître en donnant une résonance avec les autres.
Et c’est surtout ça que je veux en effet pour DRAMA™, c’est la possibilité que les personnes apprennent à se porter les uns, les autres, à se soucier des uns, des autres, à se souvenir que seul, on va beaucoup moins vite qu’à plusieurs.
Damien
Et vraiment, les personnes autour de la table étaient vraiment formidables. Ils m’ont impressionné aussi. Encore plus pour certains, par leur capacité à se raconter, à se mettre à nu. Et ça, c’était extraordinaire. Et tout le monde se respectait avec bienveillance.
Et aussi, grâce à toi, il y a eu le groupe, et tu en fais partie aussi, en tant qu’animatrice coach. Mais tu nous as permis aussi d’avoir notre unicité. On était un ensemble, un groupe, mais on était aussi chacun un. Tu nous as dit que vous pouvez être vous-même, et c’est OK.
Souvent, tu répètes, c’est OK.
Le groupe, c’était top et on continue encore à se parler. Et ça a été un espace que je n’ai jamais rencontré par ailleurs de toute ma vie. Cette parenthèse, l’atelier DRAMA™ est un moment que je n’ai jamais… C’est un espace que je n’ai jamais eu.
Marnie
Je ne sais pas quoi dire. J’ai noté dans ce que tu as dit : tous autour de la table. Et ça, j’adore parce qu’en fait, tu es en train de dire que même quand on est tous à distance et par conséquent sur Zoom, en vidéo, parce que c’est réel, toi au Brésil, alors tu étais en France à ce moment-là, mais généralement tu es au Brésil, Guillemette qui était en Irlande, les différents participants qui étaient partout. En fait, on a le sentiment d’être autour de la table.
Et ça, je trouve ça fabuleux. C’est vraiment se rendre compte que ça ne change strictement rien de pouvoir le faire en vidéo.
Suradaptation témoignage : soigner son enfant intérieur
Marnie
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour l’avenir ?
Damien
J’ai des projets, ça serait de continuer à développer le français sur l’ensemble de l’État de Sergipe. Et en ce qui concerne l’atelier DRAMA™, continuer à apprendre à écouter mon enfant intérieur. Ça serait ça.
Marnie
Tu parles de l’exercice, le dernier qu’on avait fait, c’est la dernière séance, l’enfant intérieur. Ça t’avait parlé ?
Marnie
Oui, c’est ça. Ça m’avait parlé, en fait. Et c’était bien, même à distance. Et on avait, comme tu nous l’as conseillé, fermé les yeux. On avait repensé à une situation. On s’était parlé dans cette situation, moi, avec moi-même, etc. Et pour ça, j’ai trouvé intéressant l’expérience collective et ce type d’exercice pour écouter mon enfant intérieur.
Marnie
Mais écoute, moi, je te souhaite en tout cas de continuer à être tourné vers les autres comme tu l’es. Et puis, je veux te dire un grand merci d’avoir été le participant à l’atelier que tu as été parce que tu as contribué au binôme, on l’a dit, mais aussi à la joie. Et puis, merci de m’avoir accordé cet entretien.
-
Qu’est-ce que le syndrome de l’expatrié ?
Le syndrome de l’expatrié désigne un état de stress psychologique et identitaire lié au déracinement. Il se manifeste par de la fatigue émotionnelle, un comportement de suradaptation sociale, un sentiment de décalage et, peu à peu, une perte de conscience de ses besoins et limites.
-
Comment puis-je vivre au Brésil en tant que Français sans m’épuiser psychologiquement ?
Vivre au Brésil sans s’épuiser implique de veiller à ne pas se suradapter. La gestion des émotions y est différente, la langue portugaise assez difficile. Aussi, vous allez apprendre à écouter les signaux de votre corps et accepter de ne pas tout maîtriser et poser des limites claires.
-
Quel atelier sur les émotions pour adultes ?
L’atelier en ligne DRAMA™ aide les adultes à sortir de la suradaptation émotionnelle, à mieux comprendre leurs mécanismes internes, à accueillir leurs émotions comme des signaux utiles et à poser des limites plus justes. Il se déroule en visio sur 6 semaines, dans un cadre thérapeutique et collectif.
Sources et références
Psychologie, stress et adaptation
-
Lazarus, R. S. & Folkman, S. : Stress, Appraisal and Coping, Springer
-
Organisation mondiale de la santé (OMS) : tress chronique et facteurs psychosociaux
Exil, expatriation et identité
-
John W. Berry : Acculturation and Psychological Adaptation, International Migration Review
-
Marie-Rose Moro : travaux cliniques sur l’exil, l’identité et le déracinement psychique
Corps, émotions et régulation
-
Antonio Damasio : l’erreur de Descartes ; Spinoza avait raison
-
Eugene Gendlin : Focusing, écoute du ressenti corporel
Suradaptation, rôles et construction du soi
-
Donald W. Winnicott : Le faux self et le vrai self
-
Jeffrey Young : schémas précoces et modes adaptatifs
- Marnoe Duarte : protocole DRAMA™
Cadre thérapeutique
- Richard Schwartz : Internal Family Systems (IFS)
-
Carl Rogers : alliance thérapeutique, congruence et empathie
-
Donald W. Winnicott : Jeu et réalité (Playing and Reality)
Coach de vie thérapeute en ligne
Individuel et couple
Francophone et Anglophone 🇫🇷 🇬🇧
Écoutez
le podcast

