SOMMAIRE
Marnie
Bon, on y est.
Younes
Eh bien oui, on y est, enfin.
Marnie
Et alors, en plus, tu ne le sais peut-être pas, mais c’est toi qui vas ouvrir le podcast puisqu’il n’existe même pas encore actuellement et tu es la toute première interview du podcast.
Younes
Quel honneur !
Marnie
Voilà, on le fait en plus, je trouve, dans des conditions…
Younes
Ah ben là, c’est magnifique. C’est magnifique. On a un très bel étang sous les yeux, des arbres tout autour, des oiseaux aussi.
Marnie
Ouais, on est bien hein ?
Jingle Musical
Thématiques plutôt orientées sur l’équilibre vie pro, vie perso
Younes
Je m’appelle Younes Imani et je suis un jeune homme de 33 ans qui a emménagé assez récemment à Rennes en Bretagne pour une opportunité professionnelle, celle d’ouvrir ma propre entreprise. Ça fait maintenant deux ans que je suis en Bretagne et je pense tout autant d’années que j’ai fait la rencontre de Marnie, qui a eu l’occasion de m’accompagner sur tout un tas de thématiques plutôt orientées sur l’équilibre vie pro, vie perso. J’éprouve régulièrement le besoin de faire le point quelques fois sur un petit peu cet équilibre et de voir comment avancer de façon la plus alignée possible.
Marnie
Ok, je vois que tu as préparé.
Younes
C’est écrit sur ma main !
Marnie
(rires) Non, c’est pas vrai, il n’a pas d’antisèche, je précise. En tout cas, ça fait plaisir de voir que tu t’es quand même beaucoup questionné sur le sujet.
Jingle Musical
À propos de suradaptation
Sortir le profil adapté
Younes
La suradaptation, pour moi, c’est quelque chose qui va arriver à un moment où… On vit une situation qui peut être inconfortable… Je partage cette histoire : j’étais parti en voyage et puis en rentrant il y avait des invités et j’en ai parlé à une personne qui était avec moi pendant le voyage et puis en rigolant il m’a dit : tu vas devoir sortir le profil adapté. Donc ça veut dire que c’est le profil qui va s’adapter, qui malgré tout est content de voir ses invités, même si j’aurais préféré me reposer et dormir, je vais devoir m’adapter, donc je vais devoir suradapter à cette situation et malgré tout passer un bon moment, ou en tout cas donner de l’énergie pour pouvoir passer moi un bon moment et bien sûr de même pour les invités.
Jingle Musical
Marnie
Au cours des six semaines du protocole dans l’atelier, est-ce que tu te souviens d’un moment, d’une phrase, d’un exercice peut-être où tu t’es dit spécifiquement il se passe quelque chose ?
Se positionner comme un observateur plutôt que comme la marionnette de sa colère
Younes
Alors il y a un souvenir, en tout cas un moment qui m’a particulièrement marqué, c’est un exercice qu’on a fait sur les parts. Ça m’a appelé tout de suite à deux émotions particulières, donc il y a la colère et la tristesse. Et en décortiquant ça, je me suis dit que si j’éprouve de la colère pour ça, c’est qu’il y a quelque chose. Et d’ailleurs, c’était une des réflexions de Damien qui était avec nous, qui disait après, j’ai hâte de pouvoir réexpérimenter ça, de pouvoir revivre une situation dans laquelle je vais percevoir, je vais ressentir ce sentiment de colère ou autre, et d’arriver à me dire, attends, attends, attends, qu’est-ce que ce sentiment cherche à me dire ? Quel est le message derrière ? C’est quoi le truc ? Et après, dès lors qu’on arrive à se positionner comme un observateur plutôt que comme la marionnette de sa colère, le sentiment d’avoir les deux pieds posés au sol à plat et d’être en maîtrise de nouveau de soi-même, de notre raisonnement, de notre être, ça fait du bien. Ça fait vraiment du bien. Et ça m’a particulièrement marqué sur cet exercice.
On ne nous a pas appris à accueillir ce qui est à l’intérieur de nous
Marnie
Alors tu n’imagines pas le plaisir que tu me fais quand tu dis tout ça, parce que c’est en effet le plus gros de mon travail, je pense, que de permettre à chacun de comprendre que les parts existent à l’intérieur de nous, même si parfois elles nous inquiètent, même si parfois elles nous font peur. La colère peut nous faire peur, tu ne sais pas, quand on a l’impression qu’on déborde, qu’on a crié plus fort qu’on ne le voudrait, etc. Mais à partir du moment où on comprend qu’en effet, ces parts, elles sont en nous parce qu’elles ont une fonction, et qu’au lieu de les rejeter, chercher à comprendre ce qu’elles ont à nous dire, c’est ça la véritable acceptation, l’estime de soi. Et on n’a pas été éduqués en tant que tels. On ne nous a pas appris à accueillir ce qui est à l’intérieur de nous, et surtout à reconnaître ça comme étant véritablement une fonction. La colère a une fonction, la peur a une fonction, et je suis ravie parce que je t’entends. Sincèrement, quand je t’entends en parler, je me dis que c’est très clair. Je ne sais pas si tout le monde de l’atelier en parlera comme toi, mais j’entends véritablement que c’est quelque chose que tu as compris, qui t’a marqué. Et oui, c’est un outil qui est très révélateur.
Pour approfondir
L'article de référence sur la suradaptation
Jingle Musical
DRAMA™ une aventure de groupe
Younes
Ce qui est intéressant, c’est que pendant six semaines, on avait des thématiques communes. Qu’on faisait ensemble, de notre côté, et qu’on venait partager, mettre un petit peu sur la table lors des rendez-vous hebdomadaires. Et puis, ce qui était intéressant, c’est que dans l’intervalle, on avait à chaque fois un rendez-vous en mode plutôt binôme, où là, on a l’occasion d’aller peut-être un peu plus en profondeur sur certains sujets que lors d’une conversation de groupe où on va beaucoup partager les conclusions du travail. Des fois, on ouvre quand même la discussion et c’est bien sûr intéressant aussi, mais il y a un travail explorateur qui était un peu plus profond lors des ateliers en binôme qui étaient entre deux réunions, enfin deux rendez-vous. Donc c’était intéressant d’avoir cette alternance dans les échanges-là.
Marnie
Et puis le groupe, ça ne s’appelle pas DRAMA™ pour rien quand même, un mot sur l’oralité, parce qu’on a eu de jolis exercices de théâtre, de dessin. Moi, je me rappelle du collage de Guilhemette qui était tellement génial. C’est aussi ça, en fait, le groupe, c’est le jeu. Moi, c’est ce que j’ai adoré. Il y avait toujours du sourire toutes les semaines. Alors, arrête-moi si je me trompe bien sûr, mais je ne crois pas que ce soit le cas.
J’étais scotchée à chaque fois de voir l’énergie
Younes
C’était génial. Mais c’était incroyable. Moi, j’étais scotchée à chaque fois de voir l’énergie.Que mettait l’équipe dans tout, sur la préparation. On voit qu’au-delà de l’aspect explorateur, de l’aspect un petit peu d’introspection, il y a une dimension plaisir. Et c’est important aussi d’avoir ce plaisir de préparer quelque chose, de le partager aux autres. Et c’est là que c’est intéressant parce que chacun le faisait avec sa propre personnalité. Et pour autant, au départ… Je me disais, tiens, ça aurait été cool de le faire en présentiel, etc. Et puis, on oublie très vite qu’on est en visio. En fait, les connexions se font, tout se fait de façon tellement fluide qu’on oublie la forme de la vidéo et on est vraiment concentrés tous ensemble sur le fond, sur le sujet, et puis chacun aussi dans son environnement.
La méthode DRAMA™
Une expérience unique pour trouver son vrai self
Si tu te reconnais dans la suradaptation (tenir l’image, t’oublier, culpabiliser, te sentir “à côté” de ta vie), l’atelier en ligne DRAMA™ est fait pour toi ! J'ai construit sur protocole structuré issu de plus de 40 courants thérapeutiques que j'ai découverts durant des années de recherche et de formations : psy, philo, socio, neuro… et même théâtre avec une forme de dramathérapie ! (obligé, j'ai été comédienne pro pendant 15 ans !)
Suradaptation → origines → déconstruction → dé[DRAMA]tisation → vrai SELF
6 semaines de rire, d'émotions, de créativité et d'amitié !
Les injonctions
Marnie
Je vais te donner des situations. Je vais te donner à chaque fois deux possibilités. Ce sont toutes des situations qui sont influencées par des injonctions, des croyances, c’est-à-dire a priori, pas des situations que l’on choisit finalement. D’accord ? Et je te donnerai les deux possibilités. Tu peux en choisir une, deux ou aucune des deux. Tout simplement. D’accord ? Très bien. Alors, on va commencer par le travail. Je sais que c’est quelque chose qui prend beaucoup de place chez toi, chez l’entreprise. Au travail, c’est plutôt j’accepte tous les nouveaux challenges. Je dois montrer que je suis hyperadaptable. Je fais aussi le travail des autres. J’aime de toute façon aider quelqu’un qui est en difficulté. Et en plus, il faut que ça soit fait quoi qu’il arrive. Est-ce que c’est l’une des deux propositions ? Est-ce que c’est les deux ? Ou est-ce que c’est aucune des deux ?
Younes
C’est plutôt la première. C’est plutôt la première proposition.
Marnie
Donc, tu dois être hyperadaptable ?
Younes
Oui, complètement.
Marnie
Il y a une injonction là ?
C’est quelque chose qu’on fait depuis tellement longtemps qu’on a du mal à vraiment l’identifier
Younes
Il y a vraiment une injonction et puis des fois, c’est quelque chose qui est tellement ancré, qu’on fait tellement souvent ou qu’on fait tellement depuis longtemps qu’on a du mal à vraiment l’identifier. Et quand on l’identifie, c’est un peu comme un poids qu’on a dans une de nos poches, dans notre sac à dos, qu’on va venir enlever. Même si on continue, rien que le fait de l’identifier, ça a déjà quelque chose d’apaisant en soi. Et on le fait déjà moins mécaniquement. On commence à être… Il y avait des cours d’apprentissage qui étaient intéressants sur, au départ, le fait qu’on ne sait pas qu’on ne sait pas. Et puis ensuite, là, ça me fait penser à la deuxième étape où on sait qu’on ne sait pas.
Jingle Musical
Marnie
À la maison, d’accord ? On était au travail, on passe à la maison. Alors c’est plutôt je suis partout, je pense à tout, j’aime tout gérer ? La deuxième possibilité, j’arrondis les angles même si je ne suis pas d’accord, je préfère éviter les conflits. Ce sont deux situations très différentes, pour autant l’une et l’autre s’appuient sur des injonctions, des croyances. Je te redemande, c’est une des deux, c’est aucune des deux, c’est les deux ?
Younes
Alors, c’est un petit peu les deux, mais avec un petit penchant quand même pour la deuxième option où je vais chercher à… Voilà, c’est peut-être le côté un peu médiateur, mais je vais chercher à éviter le conflit et puis à faire des concessions. Ça fait assez longtemps que je viens en colocation. Depuis que j’ai 19 ans, je suis parti de chez moi. Je me suis très vite mis en colocation et puis j’ai appris que vivre avec quelqu’un, que ce soit notre conjoint ou pas… C’était faire des efforts sur nous-mêmes pour être un peu plus agréable à l’autre et respecter l’environnement de l’autre. Et c’est aussi faire des efforts pour accepter l’autre. Donc, je pense que comme ça fait longtemps que je travaille un peu ça, je suis plutôt dans la deuxième option.
Marnie
Ok. Alors justement, puisqu’on parlait des conflits, on va revenir à la situation de conflit très spécifiquement. C’est plutôt je fuis au secours, ça me fait peur, ou alors, autre possibilité très différente, si j’ai raison, je ne lâche rien, hors de question de laisser l’autre gagner, ou alors aucune des deux.
Younes
Aucune des deux.
Marnie
D’accord.
Une conversation inconfortable amène une situation plus confortable derrière
Younes
Aucune des deux, je n’ai pas de mal à avoir des conversations confortables. Je me dis souvent qu’une conversation inconfortable amène une situation plus confortable derrière, même si sur le coup ce n’est pas toujours agréable. Et puis j’essaie dans la mesure du possible de ne pas être dans l’ego, de ne pas rentrer des fois dans des discussions ou autres où on vient engager notre identité. On peut avoir le sentiment que si on a tort ou que si on n’arrive pas à prouver à l’autre qu’on a raison, ça veut dire qu’on n’est personne, qu’on ne connaît rien ou autre, et j’en passe. Donc j’essaie de ne pas tomber dans ce piège de l’ego.
Marnie
Ok. Je précise que pour le premier participant, c’est un de ceux qui a beaucoup travaillé sur lui — travailler, j’aime jamais ce mot. Mais c’est vrai que c’est ta particularité. On se connaît depuis un moment maintenant. Tu es quelqu’un qui aime se questionner. C’est aussi ta manière de contribuer à ta vie, de te dire que tu es engagé pour toi-même. Et ça s’entend bien évidemment dans tes réponses. Et puis, tu as participé à l’expérience DRAMA™quand même. Donc, t’a forcément beaucoup déconstruit.
Younes
Ah bah… On récupère des points de vie !
Marnie :
Vous entendez ? On récupère des points de vie. Ça, c’est un argument auquel je n’avais pas pensé. Alors, le sport. Le sport, je sais que c’est quelque chose de très fort pour toi. Au sport, tu es plutôt l’accro du chrono, tu ne vois pas l’intérêt de courir si tu ne peux pas suivre ta progression. Deuxième possibilité, qui n’a rien à voir, mais peut-être que tu t’y reconnaîtras ou non, le gogoz de la fashion week, impossible de faire du sport sans une allure impeccable. Est-ce qu’une de ces deux propositions où les deux te parlent ou est-ce qu’aucune des deux ne te parle ?
Younes
Alors, certainement pas la deuxième puisque ce week-end, ma femme a jeté un de mes shorts de sport que j’ai depuis au moins 6 ou 7 ans. Je ne suis pas là pour l’esthétique ! Mais à titre personnel, je ne me situerai pas non plus dans la performance absolue, mais dans l’objectif. Pour moi, ce qui est important, c’est d’avoir un objectif. De ne pas faire pour faire. Je ne participerai pas à une course sans un objectif de temps ou autre, mais je ne me tuerai pas non plus la santé pour absolument décrocher un chrono.
Marnie
Ok. Alors c’est rigolo, c’est comme au moment où on parle de ça, on a un coureur qui vient passer devant nous. T’as vu ?
Younes (rires)
Je l’ai suivi du regard tout le long.
Marnie
On aurait pu lui courir derrière et lui poser la question…
Jingle Musical
Marnie :
J’ai fait tombé mon cahier, mais c’est pas grave, il ne reste plus qu’une seule question, elle est toute simple : qu’est-ce qu’on peut souhaiter pour l’avenir ?
Younes
Toujours autant de rencontres, c’est ce qui nourrit, c’est ce qui fait beaucoup de bien, c’est ce qui nous donne l’impression parfois de ne pas être un extraterrestre, simplement d’appartenir, de faire partie d’un tout, de dire tiens, je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais ce qui m’a marqué, ce qui m’a fait du bien, c’est vraiment ça. Et c’est ce que je souhaite vraiment retrouver par la suite, c’est ce côté social, c’est de partager des bons moments et de faire de belles rencontres.
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